1. Rassembler ce qui existe déjà
Avant d’ouvrir un seul registre, faites l’inventaire de ce que la famille possède déjà. Le livret de famille donne des dates et des lieux exacts. Les photographies portent parfois un nom ou le cachet d’un photographe au dos. Les faire-part, les lettres, un livret militaire, une médaille : chaque objet est une piste.
Puis interrogez les aînés, maintenant. Posez des questions précises : où habitait-on, que faisait le grand-père, comment appelait-on la tante. Notez qui vous l’a dit et quand. Ce sont des témoignages : ils orientent la recherche, ils ne la remplacent pas.
2. Choisir un périmètre
On ne raconte pas toute une ascendance : à la dixième génération au-dessus de vous, vous comptez plus de mille ancêtres. Une histoire qui se lit suit un ancêtre, un couple ou une lignée, sur quatre ou cinq générations. Partez de la personne qui vous intrigue, ou de celle à qui vous destinez le livre.
3. Chercher dans les archives
La règle est simple : du connu vers l’inconnu, une génération à la fois. Chaque acte nomme les parents, ce qui donne la génération précédente.
- L’état civil. Naissances, mariages et décès sont enregistrés par les communes depuis 1792 ; avant, ce sont les registres paroissiaux. Les archives départementales les publient en ligne, le plus souvent gratuitement. L’acte de mariage est le plus riche : il nomme les époux, leurs parents, leurs métiers et les témoins.
- Les tables décennales. Elles listent par ordre alphabétique tous les actes d’une commune sur dix ans : c’est par elles que l’on trouve une date.
- Les recensements. À partir de 1836, les listes nominatives décrivent chaque foyer : qui vit là, avec l’âge et le métier de chacun.
- Les registres militaires. Pour chaque homme, une fiche décrit son physique, son instruction et ses campagnes. Le guide lire une fiche matricule explique comment la trouver.
- La presse ancienne. Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, et son site de presse RetroNews permettent de chercher un nom dans des millions de pages de journaux.
Si vous débutez, le guide commencer sa généalogie détaille ces premières recherches.
4. Vérifier chaque fait
C’est l’étape que l’on saute, et celle qui fait la valeur du livre. Pour chaque fait, notez trois choses : le document, l’endroit précis où le lire, ce qu’il dit exactement. Puis posez-vous deux questions. L’information est-elle de première main, donnée par quelqu’un qui a vu l’événement ? Est-elle contredite ailleurs ?
Méfiez-vous des homonymes : deux cousins du même nom, nés la même année dans le même village, se confondent facilement. Recoupez toujours par le conjoint, les parents, la profession. Les arbres publiés en ligne par d’autres sont des pistes, jamais des preuves. Et gardez la trace de ce que vous avez cherché sans le trouver : c’est aussi un résultat.
L’exemple du Livre de Papy
Pour le premier livre de la maison, 225 preuves ont été évaluées de cette façon. Lorsque deux documents écrivent différemment le lieu où un soldat est mort en 1914, le livre conserve les deux lectures côte à côte, plutôt que d’en choisir une. Voir le livre.
5. Trouver le fil
Une suite d’actes n’est pas une histoire. Cherchez ce qui relie les générations : un métier qui se transmet, une migration, une frontière, une guerre, un prénom qui revient. Dans Le Livre de Papy, un des récits suit le métier du fil, d’Ypres à Comines, d’une génération à l’autre ; un autre tient tout entier dans les six années qui séparent la mort d’un soldat de l’inscription de son décès à l’état civil.
6. Écrire
- Au présent, en phrases courtes. « Héloïse naît à Comines le 21 décembre 1869 » se lit mieux que n’importe quelle tournure.
- Dites comment vous le savez. Un fait établi s’écrit comme un fait. Une hypothèse s’écrit comme une hypothèse.
- Replacez les personnes dans leur époque : le village, le métier, l’événement. Sans leur prêter des sentiments que rien n’atteste.
- N’inventez rien pour combler un vide. Un silence des archives, dit simplement, est plus fort qu’une scène imaginée.
7. Composer, illustrer, imprimer
Placez le document en regard du récit : le lecteur voit la preuve en même temps qu’il lit l’histoire. Légendez chaque image avec sa référence. Ajoutez un arbre pour s’y retrouver, une carte des lieux, une chronologie.
Avant d’imprimer, pensez aux vivants. Demandez leur accord aux personnes citées, et gardez pour le cercle familial ce qui les concerne. Pour l’impression, un service d’impression à la demande ou un imprimeur local suffisent pour quelques exemplaires.
Combien de temps faut-il ?
Pour quelqu’un qui débute, plusieurs mois de soirées : il faut apprendre à lire les écritures anciennes, à naviguer dans les sites d’archives, à mettre en page. C’est un beau projet, et il se mène très bien seul.
Si le temps vous manque, ou si le livre doit être prêt pour une date, c’est le métier de la maison : la même méthode, avec un objectif d’un mois. La page faire écrire l’histoire de sa famille explique comment cela se passe.
Questions fréquentes
01Par où commencer quand on ne sait presque rien ?
Par l’acte le plus récent que vous pouvez obtenir : votre propre acte de naissance, puis celui de vos parents. Chacun donne les noms, dates et lieux de naissance de la génération précédente, et l’on remonte ainsi jusqu’aux registres consultables en ligne.
02Quel logiciel utiliser pour écrire l’histoire de sa famille ?
Deux outils distincts. Un logiciel de généalogie pour ranger les personnes, les actes et leurs sources ; un traitement de texte ou un logiciel de mise en page pour écrire et composer. Le plus important n’est pas l’outil, mais de noter la source de chaque fait dès le premier jour.
03Peut-on raconter la vie de personnes encore vivantes ?
Dans un livre réservé à la famille, avec leur accord, oui. Évitez de publier en ligne ce qui concerne des personnes vivantes ou récemment disparues : la vie privée est protégée, et c’est une question de tact autant que de droit.
04Combien de générations peut-on remonter ?
En France, l’état civil et les registres paroissiaux permettent souvent de remonter jusqu’au XVIIe siècle. Mais une histoire qui se lit gagne à se limiter à quatre ou cinq générations bien documentées.